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Liz et Laure

La vie de stage, ses misères, ses grandeurs, ses beautés, ses apprentissages, ses déceptions, ses longueurs, ses désillusions et ses réussites... Morceaux choisis par deux stagiaires d'été qui savent capter le pire et le meilleur des stages, et qui vous en font cadeau. Vous, stagiaire actuel, stagiaire futur, stagiaire repenti, riez de nous... et riez aussi de vous-mêmes !

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Laure : la crève au Caire

Par Liz et Laure :: 17/01/2007 à 19:14 :: Général
Poussant jusqu'au bout mon sens du professionalisme journalistique, et afin de comprendre en profondeur la société égyptienne, j'ai décidé de tester de l'intérieur le système de santé de ce merveilleux pays.
Quel courage n'est-ce pas? ahah (rire jaune). Vous n'avez pas idée à quel point.
Dans un souci d'objectivité absolue, je vais donc compter les premiers résultats de cette bouleversante plongée au coeur du service public vacillant de la fascinante Egypte.

Je dois avouer que dans un premier temps, je n'ai pas saisi l'opportunité exceptionnelle que m'offrait une toux persistante pour mener enquête. J'ai plutôt tenté par tous les moyens possibles d'éviter un contact que j'imaginais traumatisant avec les hôpitaux locaux. Quelle sotte. Heureusement le destin m'a poussée (voire jetée) dans les bras de la médecine en ajoutant à ma toux de mineur drogué de 97 ans une difficulté respiratoire parfaitement insoutenable.
Mais n'écoutant que mon inconscience, je ne suis pas tout de suite allée chercher un docteur. J'ai attendu 4 longues journées (pour ainsi dire sans sommeil) avant de céder devant l'évidence : après avoir monté les 10 marches qui séparent la rue de mon appartement, j'avais des difficultés respiratoires qui auraient fait pâlir une centenaire venant d'achever la traversée du Pacifique à la nage.
Le soir même, me voici à la recherche d'un médecin. Las! Le bougre ne se laisse pas saisir si facilement. Aller dans un hôpital public étant exclu d'office (d'après ce qu'on m'en a dit, il faut avoir très peu envie de vivre ou alors croire dans une chance digne de vous faire gagner au loto alors que vous n'avez coché que 2 numéros pour tomber sur un médecin), je fis appel à mes collègues. Ces derniers avaient été émus jusqu'aux larmes par ma prestation l'après-midi même, une sorte de happening que j'auto intitulerais "Arrêt respiratoire devant Macintosh", ils me donnèrent plusieurs noms (deux) et proposèrent d'appeler pour me réserver un rdv puis m'accompagner. (vous avais-je dis que les égyptiens sont les gens les plus sympathiques et compatissants que j'ai jamais rencontrés?).
Dans la journée, à l'hebdo où je travaille, j'avais eu le droit à un premier aperçu inquiétant de la médecine : à l'infirmerie, une femme médecin m'a mise sous oxygène puis m'a fait respirer un produit pour ouvrir les bronches, sans m'avoir ausculté, à peine regardée pour être exacte. Elle riait en disant "vous n'allez pas mourir ici" (ahahahah c'est la journée du rire jaune). Donc j'ai respiré son produit - en pleurant, et sous le regard d'au moins dix hommes venus assister à ce grand moment...-  qui m'a un peu soulagée.

Le tri entre les deux est vite fait : le premier veut me faire payer 259 guinées (à peu près comme les francs) au lieu de 80 pour les locaux. Le second fait payer 160 à tout le monde. Parce que j'aime l'équité :P, je choisis le deuxième, qui a son cabinet à l'autre bout de la ville et... me donne rendez-vous à minuit! et oui, parlez moi de 35h, les médecins ici, pour le bien de la population (riche) et de leur portefeuille, travaille la journée dans une clinique (privée bien sûr, à quoi pensiez-vous?), et la nuit dans leur cabinet. Par contre, ce qui est universellement vrai, c'est qu'ils sont toujours en retard : celui ci me prend finalement à 1h du matin (vous avez bien lu, 1h du matin). Au moins il est professionnel, c'est-à-dire qu'il m'ausculte avant de donner son verdict.
Sur ce, passage par une pharmacie 24/24h, achat des médicaments (re gloups financier). Au retour, je peux déjà respirer ce qui change beaucoup des jours précédents.

Allez, un dernier détail pour expliquer : à la pharmacie ici, tout est achetable sans ordonnance. Quand je dis tout, c'est que ce matin je suis allée acheter de la cortisone (le petit "bonus" de mon traitement), et je l'ai eu sans poser de questions, sans demander l'ordonnance... Après tout, peu de gens doivent avoir les moyens de se payer une clinique digne de ce nom où ils auront un peu plus de chance de tomber sur quelqu'un de compétent, alors heureusement que l'ordonnance n'est pas un préalable requis. Dans l'absurdité des services publics égyptiens, tout fait sens.

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Commentaires

Le 17/01/2007 à 22:43, par Mohamed
Ciao bella, ravi que tu ne sois pas allee dans un hopital public! Bon, je suis sur que ton traitement
Au fait, si tu prends de la cortisone, bannis le sel de ta cuisine. Si j'ai appris qqc de mes annees de toux au Caire - et donc assez de cortisone pour tuer un cheval - c ke le cocktail des 2 fait grossir :)
Repose toi bien!! Biz :)
Le 17/01/2007 à 22:57, par Laure
Merci pour ton soutien. En effet je vais éviter le sel, mais le médecin a tout de suite emporté mon amitié en me disant "je n'aime pas trop la cortisone alors vous en prenez 2-3 jours et puis vous divisez par deux"... Merci doc! Parce que déjà le sel est partout, y compris dans la cuisine que font mes adorables colocs, alors je n'ai pas pu l'éviter... je me dis qu'avec de la chance, deux trois jours n'auront pas d'influence sur mon volume total ;)
Biz

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