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Liz et LaureLa vie de stage, ses misères, ses grandeurs, ses beautés, ses apprentissages, ses déceptions, ses longueurs, ses désillusions et ses réussites... Morceaux choisis par deux stagiaires d'été qui savent capter le pire et le meilleur des stages, et qui vous en font cadeau. Vous, stagiaire actuel, stagiaire futur, stagiaire repenti, riez de nous... et riez aussi de vous-mêmes ! BlogCatégoriesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Laure, Parce qu'une journée n'est jamais finie avant qu'on soit dans son litPar Liz et Laure :: 04/08/2006 à 10:15 :: Général
Le 3 août restera
probablement gravé dans l'histoire comme la journée merdique de base.
Après le tragique et quasi insoutenable épisode du talon cassé,
n'importe qui aurait voulu rentrer chez lui, s'enfoncer dans un bain
chaud et laver cet immonde affront d'un bon jet d'eau bouillante.
Mais ç'aurait été sans compter sur le dieu des petites tracasseries du quotidien (marque déposée), qui avait décidé de m'accompagner "jusqu'au bout de la nuiiiiiiiiiit". C'était probablement écrit sur les tablettes non écrites des dieux, j'allais en baver jusqu'à ce que sommeil s'en suive. 17h30 : après avoir bénéficié d'une grâce patronale d'une heure, me voici chevauchant mes chaussures à talon flambant neuves (qui a dit que je ne tirais décidément pas de leçons du passé?), je me dirige clopin clopant (ce qui est exactement l'expression appropriée étant donnée que mon mollet de tenniswoman a quelques difficultés à s'habituer à nouveau au port de chaussures entières) vers la garderie située à l'autre bout de la ville où je dois récupérer une adorable petite blondinette de 2 ans et demi en attendant que ses parents rentrent du boulot. 18h30 : mon petit doigt de pied n'existe virtuellement plus, il a vécu une compression contre lanière de cuir absolument supérieure à ce qu'il pouvait humainement supporter. Je récupère l'enfant, et le ciel m'envoie un message sous la forme d'une responsable de crèche au sourire sadique : "elle doit être crevée, elle n'a pas fait de sieste et on a fait du sport toute la journée". Ô mon dieu. où sont les calmants pour enfant? 18h35 : oui, la petite est crevée, comme elle le fait remarquer bruyamment dans toute la rue en hurlant de façon systématique dès que je la pose par terre pour soulager mes bras meurtris. En désespoir de cause, je lui donne un mignon petit sac vert transparent que j'ai eu en cadeau avec mes chaussures. Rigole petite, il est hors de question que je te le laisse. 18h45 : je suis rincée. Bien sûr la pluie m'a poursuivie dès que j'ai mis un pas dehors que ce soit en sortant du boulot, de la garderie. Comment un soleil éclatant devient-il un crachin sournois pendant les 2 minutes qui servent à descendre l'escalier? La petite pleure environ toutes les 2 minutes elle aussi. Je la colle devant la télé pendant que je prépare le repas (qui a dit mauvaise baby-sitter?) 18h55 : cette enfant est de toute évidence affublée d'une mère qui n'a aucune notion de temps de cuisson. Le mot qu'elle me laisse indique donc qu'il faut lui faire manger du riz et du brocolis, ce qui est difficile puisque les deux ne cuisent pas aussi vite et que je dispose probablement de moins d'un quart d'heure avant que la petite me pique une crise de nerf, il faut donc aller au plus vite : yahourt et riz. 19h05 : son père arrive, faisant la chose la plus stupide qu'on puisse humainement faire à un enfant dans cet état : il la prend dans ses bras puis la repose dans les miens (couverts de riz et de yahourt à la fraise) en lui disant "papa doit travailler, tu fais comme s'il n'était pas là et tu prends ton bain avec Laure"... Hurlements, déchirure et yahourt sur le mur sont la réponse inspirée de mon petit monstre. 19h30 : après une lutte acharnée pour coller cette gamine dans le bain, je suis enfin tranquille. Trempée, couverte de yahourt et de riz mais tranquille. Sauf que le petit ange décide de remuer dans tous les sens... et tombe bruyamment dans le bain. Hurlements, arrivée du père armé du regard "Qu'est-ce t'as fait à ma fille". Gestion de crise, ça tombe bien c'est la mention de mon diplôme d'étude! 19h45 : je suis dehors, j'ai 15 euros en poche, et le dieu des tracasseries m'abandonne enfin. Comment je le sais? Le bus que je voulais prendre passe sous mon nez, puis, dix mètres plus loin s'arrête et m'attend. Je suis la seule passagère. Je vais au terminus comme dans la limousine du pauvre. Vous voulez savoir ce que je retiens de cette journée? Quand j'ai mis la gamine douchée et rassasiée dans les bras de son père, elle s'est mise à hurler comme jamais (même après la chute dans le bain), et lui a asséné un "lâche moi" particulièrement vexant. Il a eu un regard de chien blessé et repentant qui m'a tenu chaud toute la soirée! Trackbacks
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