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Liz et Laure

La vie de stage, ses misères, ses grandeurs, ses beautés, ses apprentissages, ses déceptions, ses longueurs, ses désillusions et ses réussites... Morceaux choisis par deux stagiaires d'été qui savent capter le pire et le meilleur des stages, et qui vous en font cadeau. Vous, stagiaire actuel, stagiaire futur, stagiaire repenti, riez de nous... et riez aussi de vous-mêmes !

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Laure : dans la fosse aux lions

Par Liz et Laure :: 21/08/2006 à 10:21 :: Général

Ce matin, alors que je m’avançais d’un pas léger et innocent vers le bureau, je souriais en pensant à la journée extrêmement productive que j’allais entamer (ça ne vous fait pas sourire vous ?). Je ne savais pas encore qu’au bureau, les couteaux de la déchéance étaient en train de s’affûter pour me sacrifier sur l’autel de la folie.

 

Oui, un complot est en train de se réaliser sous mes yeux écarquillés d’horreur, et je suis impuissante, prête à mourir à la normalité dans quelques heures. Peut-être seront-ce des minutes.

 

Minute 1 : Le bureau auquel je travaillais, légèrement à l’écart des autres stagiaires, mon rempart contre les discussions insipides et les blagues désopilantes (not), vient de revenir à sa propriétaire de droit, la documentaliste. Je suis quant à moi désormais mêlée aux autres stagiaires qui peuplent le bureau. Fâcheux événement que j’avais cru pouvoir éviter jusqu’au bout

Minute 2 : Dans la série : « la normalité fout le camp », le deuxième stagiaire sensé a vidé les lieux pendant une semaine pour cause de congé… Me voilà à la merci de Sa Grandeur, de sa cruchonne de fan et d’une stagiaire surexcitée et qui a manifestement oublié ce qu’étaient la politesse et la discrétion quand on dit du mal des gens qui vous entourent.

Minute 3 : Mais approfondissons le sujet « le retour de la documentaliste ». Elle même échappe à toute tentative de description. Précisons seulement qu’après une heure passée en sa compagnie, j’ai développé une rare haine pour les documentalistes. En dehors du fait qu’elle empêche toute concentration en braillant au téléphone ou tout court, en posant violemment tout ce qui l’entoure sur son bureau, ou simplement parce que sa présence représente en soi une barbarie à l’encontre de la normalité, elle est en outre vêtue d’une veste jaune pour laquelle aucun adjectif n’a encore été inventé, mais qui à elle seule est une insulte à Adam et Eve.

Minute 4 : Je viens de découvrir que les ordinateurs en réseau ne partagent pas que leurs documents mais aussi et surtout leurs historiques internet. Chose à laquelle je viens de remédier avec empressement (peut-on vraiment considérer que le blog, ma messagerie, la radio en ligne, et autres choses vitales font partie de mon travail ?). J’en ai profité pour supprimer la saisie semie-automatique de la barre d’adresses, qui affiche « amourstageetbeaute.zeblog.com » dès qu’on tape un simple « a »…

Minute 5 : La DAB (non non pas Distributeur Automatique de Billets… Documentaliste Absolument Barrée) vient de péter un câble matinal (lui reste-t-il seulement des câbles à péter ?). L’idée que cette femme puisse se montrer plus givrée qu’elle ne l’est déjà me plonge dans un abîme d’angoisse. Passons. La DAB vient donc de se lancer dans une diatribe emplie de rancœur, parce que les stagiaires n’ont pas rempli ce qu’elle appelle « le minimum, même si c’est bassement matériel ». Dois-je préciser que le fameux « minimum » a été selon elle détaillé dans un mail, que bien sûr aucun de nous n’a reçu. Sans doute dans un moment d’égarement l’a-t-elle envoyé au père Noël, ou à un site de commande de courses en ligne.

Minute 6 : il est 11h : temps passé en silence : 1’57… en comptant 1 minutes passée au toilettes.

Minute 7 : Je vais trouver refuge auprès de la machine à café et, preuve que la raison est déjà en train de me déserter, j’envisage d’entamer une conversation avec elle.

 


Je sens que le discernement s’échappe de moi par toutes les pores de ma peau. Seul la radio en ligne me rattache encore à ce monde et m’empêche de sombrer. Pour survivre je monte le volume à fond, afin d’échapper aux paroles insensées qui fusent de toutes parts.

Je vais aller me renseigner sur les symptômes de la gale, et feindre une poussée foudroyante. Peut-être ainsi serai-je consignée dans une quarantaine salvatrice au dernier étage du bâtiment. C’est désormais mon seul espoir.

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