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Liz et LaureLa vie de stage, ses misères, ses grandeurs, ses beautés, ses apprentissages, ses déceptions, ses longueurs, ses désillusions et ses réussites... Morceaux choisis par deux stagiaires d'été qui savent capter le pire et le meilleur des stages, et qui vous en font cadeau. Vous, stagiaire actuel, stagiaire futur, stagiaire repenti, riez de nous... et riez aussi de vous-mêmes ! BlogCatégoriesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Laure : Les vieux et les transports en commun. 3. Maurice *Par Liz et Laure :: 17/05/2007 à 15:49 :: Général
* cette histoire est inspirée librement de faits qui me sont réellement arrivés dans le métro
Il est 20h. Maurice vient de finir son poulet sauce moutarde, il a jeté l'emballage dans la poubelle, plié sa serviette, essuyé la table, lavé les couverts, séché, rangé. Il a même eu le temps de repasser un petit coup d'aspirateur dans son appartement immaculé du 1er arrondissement. Pour se détendre un peu, il met la radio. Maurice déteste la télé. Il trouve toutes les émissions criardes, bruyantes, voire carrément stupides. En revanche, et il ne s'en cache pas, Maurice adore les chansons sirupeuses que déversent certaines stations de radio, il connaît les paroles par coeur : "ce sera nouuuuuus dès demain" et autres "qui saura, qui saura, qui sauraaaaa". Mais ce soir après quelques chansons, il est lassé de chanter pour lui même, alors après s'être brossé les dents, peigné les cheveux, préparé les affaires pour demain, il n'a juste pas envie d'aller se coucher, comme tous les soirs, à 20h30. Nous n'irons pas jusqu'à dire qu'entendre les premières mesures de casser la voix hurlant à la radio (décidément les limites de l'insupportable sont très relatives) suffisent à rompre la routine machinale et à lui faire enfiler son éternel imperméable pour prendre la direction du métro, mais il y a un peu de ça. Et puis le voilà sur les quais des Halles, il a marché un peu au hasard des rues et s'est finalement engouffré dans la monstrueuse station, profitant des escalators. Sur le quai, il est saisi d'une envie de chanter. D'abord gêné, il fredonne discrétement les airs de ses chansons préférées, puis, sans se soucier des gens qui passent et le fixent du regard, il se surprend à chantonner puis à chanter à haute voix les mélodies qui habitent ses soirées. Il voit bien que les gens se moquent mais alors qu'il rougit et s'apprête à s'arrêter, le sourire d'une jeune fille au bout du quai l'anime, et il la suit dans la rame puisant dans son regard le courage de chanter. Pour prolonger cet instant de complicité, il lui semble qu'il pourrait chanter ainsi jusqu'au bout de la ligne. Mais le charme s'est rompu aussitôt qu'ils ont été entouré du conformisme poli et gêné des voyageurs. Maurice pousse la chansonnette quelques stations, ne trouve plus le regard de la fille, et, s'excusant presque d'être passé, sort à st michel. Laure : Les vieux et les transports en commun. 1. PaulettePar Liz et Laure :: 29/04/2007 à 22:56 :: Général
Tout le monde en lisant ce titre doit avoir un souvenir qui émerge, le plus souvent mauvais ou comique, d'une personne âgée se faufilant habilement à travers une foule compacte pour pénétrer dans un moyen de transport en commun à l'heure de pointe.
Vous vous êtes peut-être demandés (en tous cas moi oui), ce qui poussait une mémé aux jambes tremblotantes, ou son compagnon le papy à oeil de verre et canne au bout de fer à se jeter dans un bus/métro rempli à craquer d'acariâtres trentenaires rentrant exténués du boulot. Le besoin de compagnie, le plaisir de l'odeur délicate et inimitable de la sueur et autres émanations humaines collectives, la chaleur d'un corps pressé contre le sien au gré des virages, le souffle tiède d'un inconnu dans votre dos, le ... brrrrrrr rien qu'un seul de ces trucs me file la chair de poule et me donne envie de prendre mes jambes et de faire le plus possible du chemin A PIED! Mais le vieux lui, ça ne le rebute pas, non non non non non... au contraire ça a pour lui les attraits mystérieux et nostalgiques que - toutes proportions gardées - peut exercer sur nous le souvenir ému d'une première classe verte. Tout ça pour dire, que si le vieux se contentait de jouir en paix de ces instants de jeunesse retrouvés, je n'y verrais absolument aucun inconvénient, on n'est pas gérontophobe non plus. Mais il se trouve que, par un processus aussi étonnant qu'inexpliqué, l'état de grâce ne dure que tant que le vieux ne se trouve pas dans ledit transport en commun. Je lance donc une série d'histoires de ces vieux, pour comprendre un peu mieux leurs motivations. Imaginez : à 18h, Paulette Mongeain, 76 ans entend sonner les cloches de notre dame. Elle se rappelle alors, avec une larmichette au coin de la patte d'oie, comme elle aimait aller retrouvrer son amant de l'époque, Romain, sous les arbrisseaux du parc, en prenant après le travail le premier bus. Une idée folle la traverse alors : et si elle refaisait le chemin, juste par amour du souvenir? Elle prend son cabas, son parapluie, sa capuche en immonde plastique transparent, son chapeau, son châle, et la voilà à l'assaut des rues de paris. Elle saute (façon de parler quoi) dans un bus un peu plus loin, inconsciente de la foule qui l'entoure et toute à la joie de renouer avec ce glorieux passé. Et là... cet élan de bonté et de naïve innocence se brise alors même qu'elle montre son billet mensuel réduction troisième âge au chauffeur. Elle regarde la pastille rose qui est collée sur la paroi de l'autobus, et elle parvient à lire, entre les nombreux bras et corps qui l'entourent : "une personne âgée rentre, je lui laisse ma place". Tout en elle vole en éclat : les arbrisseaux, le parc, Romain, ... seules les pattes d'oie au coin de ses yeux restent bien réelles, et c'est alors que, quasiment à son insu, elle lance au jeune homme lisant un journal à côté d'elle, d'une voix nasillarde qu'elle même peine à reconnaître : "vous pourriez peut être vous lever!". L'homme lève la tête, rougit, bafouille des excuses et se lève, lui laissant sa place. Elle le remercie du bout des lèvres et s'assoit. Pourtant quand son regard se tourne vers la vitre, elle regrette déjà son ton et toute cette idée de périple : l'homme au journal avait dans les yeux le même éclat que ceux de Romain, sous les arbres du parc. Elle réprime la larme qui monte à son oeil et appuie sur le bouton. Elle descendra à la prochaine, sous le regard un peu éberlué du jeune homme, et rentrera à pied. Laure : retour à d'anciennes amoursPar Liz et Laure :: 06/04/2007 à 21:41 :: Général
Mes pas m'ont menée cet après-midi à la fnac des halles, et alors que je ne cherchais rien de particulier, un panneau m'a stoppée net. Une pochette blanche, sobre, dont le dessin tracé du bout du pinceau se devine plutôt que de s'imposer. In the garden, nouvel album de Mano Solo.
Mano Solo. Souvenirs de jeunesse qui remontent. D'un de mes premiers concerts. Mano solo, le poète écorché aux paroles aussi sublimes que la voix est éraillée. Ca ne se décrit pas vraiment, c'est à voir, à entendre. Au retour, j'ai passé des heures à écouter les albums de Mano. Je me suis procuré tous les cds et je restais allongée à savourer la musique, à m'imprégner des paroles pendant des week-end entiers. C'est sûr, ça respire pas la joie de vivre, mais c'est ce mélange de mélancolie et de rage de vivre qui fait la particularité de l'artiste. Si vous n'aimez pas la voix à la première écoute, ne vous laissez pas rebuter, entêtez vous parce qu'il y a beaucoup à découvrir. Allez, une petite citation pour le plaisir : "J'en aurais connu des lunes en portant ma fortune au fond de mon coeur J'ai tant cherché à te rencontrer que j'ai fini par avoir peur de ne pas exister" La fortune, In the garden Pour plus d'infos, le site internet de l'artiste est pas mal fait du tout, avec en particuler la télé qui permet de regarder les clips ou des concerts. Et puis Mano Solo c'est aussi les dessins, les peintures, même si je suis moins fan. Laure : j'arrive pas à me mettre à bosser...Par Liz et Laure :: 27/03/2007 à 16:22 :: Général
...et ça me saoûle.
Mais pour ceux qui s'ennuient vraiment, il y a toujours le programme des Verts sous sa forme Oui Oui qui crée son petit effet. C'est ici. Amusez-vous bien! Laure : Tribut à un grand chroniqueurPar Liz et Laure :: 26/03/2007 à 15:05 :: Général
Ce midi, j'ai déjeuné avec des mecs du PS.
Ils avaient l'air si innoffensifs que je ne me suis pas méfiée. Même quand j'ai remarqué du coin d'un neurone qu'ils pouvaient parler sans sourciller de Ségolène pendant plus de 10 minutes. Bon d'accord quand ils ont commencé à rire à des blagues plutôt ésotériques genre "J'ai découvert un auteur que je ne connaissais pas... - c'est pas Eric Besson au moins!! AHAHAHAHAH" pour carrément verser dans le satanisme en parlant de sombres et inconnus députés et je vous en passe et des maires de petites communes. Là c'est vrai j'ai commencé à avoir un doute. Alors, quand je me suis mise devant mon pc, après deux heures à faire semblant de capter un tant soit peu ce qui se passait, épuisée par ma propre médiocrité, je suis tombée sur ça. Et rien que le titre "Is there no end to my ignorance?", m'a paru prophétique (désolée par contre c'est en anglais et c'est un peu long). Puis l'auteur, Charlie Brooker, un chroniqueur du Guardian que je vénère pour ses articles désopilants, a enfin ouvert la fenêtre sur cette journée de solitude dans la nullité. J'ai été saisie d'une frénétique envie de me frapper le front en disant "mais oui!!! exactement!!". Excellent remède à toute journée passée avec des gens qui ont l'air de tellement, mais tellement s'y connaître plus que vous et vous donne l'impression que votre vie est remplie de discussions parfaitement futiles (et de blogs rose bonbon...) Laure : Lethal Saint ValentinPar Liz et Laure :: 17/02/2007 à 13:24 :: Général
Alors que mon coloc se laisse aller à un lâchage vocal proprement répugnant (comprendre : chanter des airs sirupeux en italien) à longueur de journée, je sens que mes pauvres nerfs mis à rude épreuve ont besoin de se confier.
La Saint-Valentin en Egypte, c'est carrément une institution. Je ne parle pas uniquement des nounours rouses et roges ou l'inverse qui envahissent les trottoirs, ni de cet homme aperçu rue du 26 juillet hésitant entre une niche pleine de coeurs habitée par un sublime (yeuâk) chien en peluche (rouge, à quoi pensiez-vous), et un bouquet de ballons à l'helium "I love you". Même pas. Je veux simplement dire que lorsqu'on est célibataire (oui je sais, ça vous paraît complétement délirant et pourtant :P), qu'on vient d'apprendre avec désarroi qu'il va falloir vider toutes ses maigres économies pour payer sa **%%$$µ¨^ de 5ème -et dernière merci - année, que la fatigue et les larmes ont creusés des sillons dignes de la Beauce sur ses pauvres petites pommettes, je trouve que c'est tout de même un peu sadique de la part du monde de se déguiser en rose bonbon, et de la part des passants à qui j'ai rien demandé en fin de compte de me souhaiter "happy valentine" avec un grand sourire... Je finirais peut être par souscrire à la méthode Boulet à cause de tous ces Egyptiens ébahis de niaisitude et d'amour. |
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