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Liz et Laure

La vie de stage, ses misères, ses grandeurs, ses beautés, ses apprentissages, ses déceptions, ses longueurs, ses désillusions et ses réussites... Morceaux choisis par deux stagiaires d'été qui savent capter le pire et le meilleur des stages, et qui vous en font cadeau. Vous, stagiaire actuel, stagiaire futur, stagiaire repenti, riez de nous... et riez aussi de vous-mêmes !

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Laure : consommation (société de)

Par Liz et Laure :: 26/01/2007 à 20:59 :: Général
Après les périls de la vie sociale, les mille intrigues du journalisme et l'insondable complexité de la vie culturelle italo-égyptienne (fera l'objet d'un prochain post), je me suis vautrée aujourd'hui dans le consumérisme le plus primaire, jetée avec avidité dans le mall le plus proche, et fait claquer les billets fraîchement sortis du DAB.

Un détail me frappe à chaque fois. Lequel de nos neurones nous pousse, lorsque nous essayons de nous convaincre que oui, on peut absolument rentrer dans ce pantalon, à sauter frénétiquement sur place à s'en tordre une cheville tout en exerçant une pression inhumaine (pour un tissu) sur ledit pantalon, dans l'espoir de voir le reste de jambes rentrer et enfin le bouton se fermer au prix d'efforts titanesques??
Heureusement, il y a pour ce phénomène une explication toute scientifique. En effet, éloigné un bref instant de la terre et de ses pesantes lois, l'être humain, doué de raison, espère réduire suffisamment son poids pour fermer la ******** de braguette qui le sépare de la photo aperçue cette semaine dans Elle en page 167. Mais franchement, sans même parler du vacarme tout à fait peu discret qui s'échappe de la cabine - et qui si vous êtes en France risque de vous valoir une réflexion d'une vendeuse sadique hurlant à tue-tête "alors, j'apporte le 44?"... -, et en imaginant que vous rentriez dans ce vêtement, les gouttes de sueur perlant sur votre front témoignant de votre mérite à porter l'habit, vous n'en serez pas moins obligé, par objectivité de a. reposer le vêtement avec un sourire et un mot du genre "j'aime pas trop la couleur"; b. de l'acheter avec un air fier et en pensant "de toutes façons après trois petites semaines de régime il sera parfait, et ce serait bête d'en acheter un qui sera trop grand après", puis de le remiser au placard après trois semaines de tartiflettes, raclettes et autres schokobons...

Le débat est sur la place, en attendant vos réponses à ce grand mystère.

Laure, les amis, c'est comme les pigeons

Par Liz et Laure :: 24/01/2007 à 22:46 :: Général
Fais-toi des amis qu'y disaient... Fais-toi des amis.

Je voudrais bien vous y voir. Bien sûr, ce n'est pas le client qui manque... Au contraire même, je dirais que si on compte les sifflements, remarques dans la rue et autres demandes en mariage, je fais partie d'un nombre très restreint de gens qui comptent plus de 1000 personnes dans leur vie sociale.
Mais voilà. Ce ne sont pas des amis. Que faire alors? Je décide d'adopter la technique de l'apprivoisement progressif qui a si bien fait ses preuves dans le monde animalier. Un peu de bouffe et une solide patience, et je me lance à l'assaut des rues du Caire.
Je pense que le petit prince fera pâle figure à côté de moi dans quelques jours. Tel un touriste japonais fasciné par la faune gravitant aux alentours de notre dame de paris, je vais tenter d'appâter le chalant en me transformant le temps d'un sourire en une bienveillante statue-distributeur de bouffe.
Mais il reste un problème de taille. Les pigeons, une fois habitués et même attachés à leur statue, qu'ils viennent voir réguliérement et à qui, je n'en doute pas, il raconte les derniers potins de la capitale (je suis certaine qu'ils font ça), comme les amis en sorte, qu'est-ce qu'ils font pour témoigner et sceller dans le marbre le contrat de leur sentiments naissants : ils chient.
 
Je ne suis pas sûre d'être prête à me faire chier dessus pour me faire des amis.
A suivre

Malhonnêteté

Par Liz et Laure :: 23/01/2007 à 19:12 :: Général
Je ne trouverais pas les mots pour l'exprimer. J'ai laissé passer l'après-midi sur ma haine, mais rien n'y fait. L'énormité ne disparaît pas. Pas plus que la boule dans mon estomac. Je n'ai pas envie d'en rire, pas envie de me dire qu'il y a des trucs plus graves dans la vie.
Je me sens vidée. J'avais confiance et maintenant je suis juste un paquet de colère et de méfiance qui écoute Alicia Keys en boucle.
Cette collègue qui m'a emmenée sur le terrain pour la première fois, qui m'a donné l'envie et le plaisir de travailler, cette collègue avec qui j'ai passé mes dernières minutes de cerveau disponible avant la grande étouffade qui m'a conduite au médecin. Cette collègue qui m'a montré comme le journalisme pouvait être enrichissant vient aussi de me donner la leçon la plus rude que j'aurais pu recevoir. Elle a tout simplement signé de son nom seul (que je ne citerai pas parce que je refuse de tomber si bas) un article qu'on a écrit à deux. C'est-à-dire qu'elle a conduit les interviews, puis me les a traduites, mais c'est mon style que l'on retrouve dans l'article. Ce n'est pas seulement un article que j'ai vaguement corrigé. Je ne me suis pas contentée de corriger les fautes de français et d'ordonner ses idées. NON. J'ai écrit l'introduction seule, j'ai pour ainsi dire dicté les 2/3 de l'article. J'ai discuté du plan, de l'ordre. Bref. Elle m'a évincée à mon avis volontairement de la mise en page, pour que je ne puisse pas demander à ce qu'on mette mon nom avant que ce ne soit irréversible.

J'ai la haine. Et demain ma haine va s'étaler sur une double page.

Laure : la crève au Caire

Par Liz et Laure :: 17/01/2007 à 19:14 :: Général
Poussant jusqu'au bout mon sens du professionalisme journalistique, et afin de comprendre en profondeur la société égyptienne, j'ai décidé de tester de l'intérieur le système de santé de ce merveilleux pays.
Quel courage n'est-ce pas? ahah (rire jaune). Vous n'avez pas idée à quel point.
Dans un souci d'objectivité absolue, je vais donc compter les premiers résultats de cette bouleversante plongée au coeur du service public vacillant de la fascinante Egypte.

Je dois avouer que dans un premier temps, je n'ai pas saisi l'opportunité exceptionnelle que m'offrait une toux persistante pour mener enquête. J'ai plutôt tenté par tous les moyens possibles d'éviter un contact que j'imaginais traumatisant avec les hôpitaux locaux. Quelle sotte. Heureusement le destin m'a poussée (voire jetée) dans les bras de la médecine en ajoutant à ma toux de mineur drogué de 97 ans une difficulté respiratoire parfaitement insoutenable.
Mais n'écoutant que mon inconscience, je ne suis pas tout de suite allée chercher un docteur. J'ai attendu 4 longues journées (pour ainsi dire sans sommeil) avant de céder devant l'évidence : après avoir monté les 10 marches qui séparent la rue de mon appartement, j'avais des difficultés respiratoires qui auraient fait pâlir une centenaire venant d'achever la traversée du Pacifique à la nage.
Le soir même, me voici à la recherche d'un médecin. Las! Le bougre ne se laisse pas saisir si facilement. Aller dans un hôpital public étant exclu d'office (d'après ce qu'on m'en a dit, il faut avoir très peu envie de vivre ou alors croire dans une chance digne de vous faire gagner au loto alors que vous n'avez coché que 2 numéros pour tomber sur un médecin), je fis appel à mes collègues. Ces derniers avaient été émus jusqu'aux larmes par ma prestation l'après-midi même, une sorte de happening que j'auto intitulerais "Arrêt respiratoire devant Macintosh", ils me donnèrent plusieurs noms (deux) et proposèrent d'appeler pour me réserver un rdv puis m'accompagner. (vous avais-je dis que les égyptiens sont les gens les plus sympathiques et compatissants que j'ai jamais rencontrés?).
Dans la journée, à l'hebdo où je travaille, j'avais eu le droit à un premier aperçu inquiétant de la médecine : à l'infirmerie, une femme médecin m'a mise sous oxygène puis m'a fait respirer un produit pour ouvrir les bronches, sans m'avoir ausculté, à peine regardée pour être exacte. Elle riait en disant "vous n'allez pas mourir ici" (ahahahah c'est la journée du rire jaune). Donc j'ai respiré son produit - en pleurant, et sous le regard d'au moins dix hommes venus assister à ce grand moment...-  qui m'a un peu soulagée.

Le tri entre les deux est vite fait : le premier veut me faire payer 259 guinées (à peu près comme les francs) au lieu de 80 pour les locaux. Le second fait payer 160 à tout le monde. Parce que j'aime l'équité :P, je choisis le deuxième, qui a son cabinet à l'autre bout de la ville et... me donne rendez-vous à minuit! et oui, parlez moi de 35h, les médecins ici, pour le bien de la population (riche) et de leur portefeuille, travaille la journée dans une clinique (privée bien sûr, à quoi pensiez-vous?), et la nuit dans leur cabinet. Par contre, ce qui est universellement vrai, c'est qu'ils sont toujours en retard : celui ci me prend finalement à 1h du matin (vous avez bien lu, 1h du matin). Au moins il est professionnel, c'est-à-dire qu'il m'ausculte avant de donner son verdict.
Sur ce, passage par une pharmacie 24/24h, achat des médicaments (re gloups financier). Au retour, je peux déjà respirer ce qui change beaucoup des jours précédents.

Allez, un dernier détail pour expliquer : à la pharmacie ici, tout est achetable sans ordonnance. Quand je dis tout, c'est que ce matin je suis allée acheter de la cortisone (le petit "bonus" de mon traitement), et je l'ai eu sans poser de questions, sans demander l'ordonnance... Après tout, peu de gens doivent avoir les moyens de se payer une clinique digne de ce nom où ils auront un peu plus de chance de tomber sur quelqu'un de compétent, alors heureusement que l'ordonnance n'est pas un préalable requis. Dans l'absurdité des services publics égyptiens, tout fait sens.

Laure : je sais pas vous, mais au Caire, il fait froid.

Par Liz et Laure :: 11/01/2007 à 21:36 :: Général
Me revoici, plus fraîche qu'un pétale de coquelicot délicatement froissé par la rosée matinale... enfin, aussi fraîche qu'un pétale de coquelicot séché embaumant délicieusement le placard à vêtement... ou une vieille tige de coquelicot rancie qui se les gèle dans le compartiment à glace du réfrigirateur. Enfin fraîche quoi. Même froide, étant donné que je me tape une crève d'enfer depuis bientôt deux semaines...

Deux semaines plus tôt :
     " - air rêveur ah, Le Caire, l'aventure, le soleil, les pyramides, le sable.

        - voix de la raison, ma mère : Laure, tu sais, c'est l'hiver là-bas aussi, tu vas sans doute avoir froid.
        - Laure, complétement à côté de la plaque : ouais ouais si tu veux, je te ramènerai un sphynx en peluche...
        - voix de la raison, insistante : tu devrais mettre des pulls bien chaud à côté de tes pantalons d'été et de tes  t-shirts, tu ne crois pas?
        - Laure, désespérément barrée : mmmh les pyramides sous la neige, pourquoi pas? Mais je ne sais pas si j'aurais le temps, je pars quand même en stage tu vois, c'est pas non plus des vacances."

25 décembre, deux jours plus tard.
Une chambre, gelée. Un lit, glacial. Une fille, frigorifiée, mais fière. Non je n'avouerai certainement pas que je me les gèle, alors même que j'ai enfilé tous mes t-shirts et trois pantalons en toile pour faire bonne mesure (et que je suis sous la couette, même la tête, tant pis si je meurs étouffée, ce sera toujours camoufflable en accident domestique et ce n'est rien face à la honte de mourir gelée ou de me faire amputer des cils parce qu'ils se seront collés entre eux pendant la nuit. Si! je suis sûre que ça peut arriver).

10 janvier, bonne année d'ailleurs
Un ordinateur, une fille, qui ne rentre nulle part sans être précédée par sa toux. Une toux très intéressante par ailleurs, évolutive disons : grasse, sèche, laryngitique, bronchitique... Je pense publier un mémoire de stage sur les différentes toux et leurs implications diverses sur la santé de l'individu non aguerri à l'air du Caire.

Quoiqu'on en dise, parfois, on devrait juste la fermer et écouter sa mère. Ce sera la pensée du jour.

Liz Noël en stage

Par Liz et Laure :: 23/10/2006 à 14:52 :: Général

 

Qui dit vacances dit souvent: rangement du bureau. Bureau au sens large: bureaux, tiroirs, fonds de tiroirs, placards, fonds de placard...

 

Qui dit rangement dit la plupart du temps: grand bazardement à la poubelle de dossiers d'il y a dix ans, de rapports périmés, de blancos ouverts et desséchés, de gros bics de marque déposée qui n'ont jamais fonctionné car même s'ils ont leurs réservoirs d'encre plus larges que ma main, de mails et notes de collègues mutés, démissionnés voire ... enterrés.

 

Mais une forme assez fréquente de rangement consiste aussi à déplacer, mine de rien, sa pile de papiers inutiles de son bureau à celui du collègue ou, plus machiavélique, celui de la nouvelle recrue ou de la stagiaire.

"Tiens, lis ça, ça pourra t'apprendre des trucs!"

"Tiens, ça t'intéressera sûrement!"

"Tiens, un dossier qui te concerne!"

"Tu n'es pas en manque de papier brouillon?"

"Tu as besoin d'un bic?"

"Et du scotch ça t'intéresse pas?"

"Hé j'ai remarqué que t'as pas de surligneur..."


Et c'est ainsi que j'ai hérité de:

- trois blocs notes à encart "Disneyland resort paris - Business Solution" (avec la petite étoile jaune de conte de fée en haut à gauche, bien sûr!)

- un bloc déjà anoté

- un blanco qui a au moins 5 ans

- trois crayons de bois non taillés mais 100% respectueux de l'environnement, d'après ce que m'a assuré le collègue- Noël -qui soit dit en passant ne m'a pas offert le taille-crayon qui va avec)

- deux piles de paperasse à lire les après-midis où je voudrai me cultiver (dont le dossier que j'ai inondé et qui a perdu sa couverture arrière, désormais collée à la surface de mon bureau)

- trois tasses à café (certaines pas lavées)

- plus intéressant: un mug avec 20 centimes en pièces de 1 dedans

 

Et c'est ainsi que je leur rendrai tout ça quand je partirai du stage la fin du mois prochain!

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